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Entourée de montagnes du sud au nord, elle n'est pas un lieu de passage, de nos jours comme avant, et son habitat implanté de manière diffus n'a pas favorisé des accès routiers trop important. On ne la découvre donc que si l'on a souhaité y venir. Elle se trouve dans maints domaines aux frontières et à donc une personnalité complexe et variée : Gasconne, elle est rattachée par les aléas politiques au pays de Foix (création du département) qui, lui, est languedocien ; par conséquent sa culture peut être rattachée à celle des basques (vascons) sur certains points (droit d'aînesse par exemple) mais son histoire est empreinte de celle du catharisme et sous le sceau du célèbre Gaston Phoebus ; frontaliére de l'Espagne catalane, la solidarité montagnarde était souvent plus forte que le sentiment patriotique (lies et passeries, page 24) , mais point stratégique elle vit des châteaux de garde se construire au moyen âge et fut un des Chemins de la Liberté sous la deuxième guerre mondiale, le climat montagnard y est océanique mais on sent encore l'influence méditerranéenne. Frontière tectonique aussi, avec la faille nord-pyrénéenne qui passe du pont de la Taule au col de Latrape et qui sépare la plaque européenne de la plaque ibérique. Aujourd'hui, elle est aussi un lieu de rencontre de deux mondes, l'un agonisant avec des sursauts de colère (guerre des demoiselles, et actuellement mouvement anti-ours) après une vie inchangée ou presque depuis 3 ou 4 millénaires : le système agro-pastorale ; l'autre en indigestion de progrès et de vitesse d'évolution, le monde " moderne ".
Géographiquement, la vallée d'Ustou se situe dans les Pyrénées Centrales, entre la vallée du Garbet (Aulus-les-bains) et la vallée du Haut-salat (Salau), au sud-sud-est du Haut couserans qui constitue la partie ouest du département de l'Ariège. La vallée est frontalière avec l'Espagne avec qui elle partage le massif de Certescans (2840 m) du Cap de Ruhos au Turguilla. Seuls, le port de Marterat (2217 m) et celui de Couillac (2416 m) permettent de passer " plus facilement " cette muraille. Aucune route ne traverse la zone axiale comme c'est le cas d'ailleurs pour tout le Haut-Couserans. La route qui vient de Saint Girons en passant par Seix traverse le nord de la vallée du pont de la taule au col de Latrape pour redescendre vers Aulus-les-bains. Dans son milieu, une petite route bifurque vers le sud pour se finir en 2 impasses devant la haute montagne. Une autre route part juste avant le col de Latrape pour desservir la station de ski Guzet-neige. Le GR 10 , sentier de grande randonée de l'atlantique à la méditérranée, traverse la vallée de Rouze au Col d'Escot. Les autres principales randonnées balisées sont de Gérac aux étangs de Turguilla, du cirque de Cagateille jusqu'aux étangs de la Hilette et de l'Alet, ou jusqu'au port de Couillac, d'Ossèse jusqu'au port de Marterat, et le tour du plateau d'Ajéou. Il existe ensuite une multitude de chemins plus ou moins entretenus vers les artigues, les crêtes ou les sommets.
Ustou est
une commune-vallée composée de 3 villages ayant chacun
une église et un cimetière : Saint-Lizier, Le Trein et
Sérac. Il se répartissent autour du Tuc de Gaspard
(petit monticule atypique au centre de la vallée dont on
expliquera la présence dans le chapitre sur les glaciers).
Mais c'est en tout une vingtaine de hameaux qui
s'égrènent en fond de vallée ou sur les hauteurs
de la vallée voisine de Couflens (hameaux de cadet comme
Rouze). Seul les restes de l'ancienne chapelle accolée au
château du Trein témoignent des édifices
religieux antérieurs au 18éme siècle. Une partie
de ses pierres et un de ses portails furent réemployés
dans la construction de la nouvelle église du Trein
datée de 1880. (derrière son autel, on pourra observer
le seul vestige d'objet d'art : un christ en bois du 15éme
siècle). L'église de Sérac porte la date de
1763. L'église de Saint-Lizier aurait reçu des
transformations importantes vers 1750, elle a conservé son
retable et sa décoration de cette époque. Il est
à noter qu'elles proposent toutes le même plan et la
même orientation vers le soleil levant. A noter aussi que des
artistes contemporains d'Ustou, le couple Lalanne, ont
décoré l'intérieur de l'église de
Saint-Lizier de peintures s'inspirant du patrimoine local. La plupart
des maisons datent de la fin du 18e / début 19e et on peut
constater que les plus gros bourgs, Saint-Lizier et Le Trein sont
implantés de manière linéaire le long de la
route ; ils possèdent aussi les seules maisons bourgeoises de
la vallée. On peut penser que le Trein fut le village le plus
important jusqu'au 18ème pour ensuite perdre de sa force au
bénéfice de Saint-Lizier qui accueille la nouvelle
génération de notables (rentiers, descendant de famille
noble, officiers de santé, notaires - la dernière
étude disparue en 1903. Sérac possède une
organisation globulaire de son bâti, son implantation serait
donc plus ancienne. On voyait encore à Sérac, dans les
années 1970, une femme qui passait chaque matin autour du
village avec une clochette pour éloigner le mauvais sort. Le
jeu de quilles, en revanche, retrouve un certain renouveau dans la
vallée grâce à une association locale qui propose
de temps en temps des manifestations sur la place de Saint-Lizier.
Cette dernière est incontestablement la plus vivante
actuellement et depuis peu : en dehors de la piscine , du camping et
de l'épicerie, un café-restaurant a retrouvé une
ouverture annuelle.
Les granges ou bourdaous sont partout où presque, la
vallée ayant connu une forte démographie avec son
paroxysme au début du 19e siècle, les artigues et les
granges associées étaient très nombreuses. Elles
sont en générales en bas du prè,
perpendiculaires à la pente avec pour pignon un bardage ou un
clayonnage de noisetier. Une porte dans la partie basse de la pente
pour accéder à l'étable et une autre dans la
partie haute de la pente pour rentrer le foin. Leur toit est en
lauzes et pour les plus riches en ardoises extraites d'une
carrière un peu après Bourdax. Celles qui servaient
d'étapes intermédiaires entre les premiers près
de fauche et les estives encore enneigées, sont pourvues d'une
petite habitation sommaire permettant au berger de se loger, le
cabanat.
Les transhumances, encore en pratique, ont pour but d'utiliser au mieux les étages de la végétation en milieu montagnard : les prairies de fond de vallée étant utilisées pour l'agriculture, les premières pentes devaient à la belle saison être exploitée pour la fenaison, donc il fallait en retirer les bêtes et les monter en plusieurs étapes en fonction du déneigement vers les estives en altitude, là ou l'herbe ne donne jamais du foin. La transhumance n'a donc pas de date exacte, elle suit l'évolution de l'enneigement mais se situe pour les premières granges vers la fin mars. Pour cela furent donc construit les bourdaous avec leur cabannat pour le berger. Les " remues ", les étapes entre 800 et 1400 m vers les estives, ont favorisé le développement de petits hameaux dans ces zones moins favorables à l'habitat, mais que les cadets finissaient par exploiter. En mai on redescend les bêtes se faire tondre et les marquer avant la grande transhumance. A l'estive, les bergers et pâtres vivent tous les beaux jours dans les cabanes. L'organisation est plus collective que familiale. On fait le fromage, réputés et nombreux étaient ceux d'Ustou, et on soigne les bêtes. Etant donné, le nombres de bêtes, il leur fallait aussi respecter les limites communales et bouger les troupeaux en fonction de l'heure et de la richesse des pâturages. Montagner symbolisait pour les adolescents leur passage à l'état d'adulte. La descente avaient lieu vers la mi-septembre avec une répartition des fromages par maison pour être revendus aux foires d'automne.
Forge
du Trein: Retour
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La construction de la forge d'Ustou à été
décidé en 1715 par M de Pointis et promit la
communauté à plus d'un siècle de conflit avec
son seigneur. Cela valut à la forge d'être
détruite pendant la révolution. Mais contrairement
à la plupart des forges du Haut-Salat, elle put reprendre une
vingtaine d'années dans la première moitié du
19éme siècle, âge d'or pour de la
métallurgie à la catalane dans le Vicdessos.
Ici aussi, les forges sont à la catalane, basées sur un
procédé simple : martelé, le métal sorti
du fourneau pour sortir les impuretés. Un pique-mine
réduisait en morceaux de la taille d'une noix le minerai sous
le marteau qui ensuite mélangé à du charbon,
était mis par le foyé dans un fourneau d'un
mètre de diamétre. L'escoula l'emmenait à fusion
grâce à la trompe, espèce de soufflet produisant
du vent par la chute de l'eau dans un caisson. Le fer coulait alors
par un trou au fond du fourneau, constituant le masset. Le fer pur
était ainsi débarrassé de l'eau, du gaz
carbonique et de l'oxygéne composant le minerai. Le masset
était ensuite placé sous le mail, gros marteau
activé par une roue hydraulique qui le débarrassait
ainsi de ces impuretés. Le travail est recommencé
plusieurs fois avant de pouvoir enfin obtenir une barre de fer
destinée à la vente. Il fallait donc pour faire
fonctionner une forge plusieurs éléments : Un torrent,
ce qui se trouvait dans le coin assez facilement, du minerai assez
riche que la mine du Rancié fournissait moyennant un troc de
charbon complété par de l'argent (du charbon, pour
l'échange mais surtout pour la fusion donc beaucoup de bois,
source des conflits) et bien sûr des hommes, deux brigades de 4
(le pique-mine, le foyé, l'escoula, le maillé avec
quelques fois des apprentis les miaillous) se relayent toutes les 6
h. Mais c'est une centaine de personnes que fait travaillé
pendant 7 à 8 mois de l'année, la forge : charbonniers,
muletiers, mineurs, forgeurs. Ainsi, on peut aussi aller faire les
foins et autres activités pastorales intenses mais
saisonnières. Le travail à la forge était dur et
dangereux mais bien payé car le travail des
ouvriers-maîtres était considéré comme
hautement qualifié. Leur salaire était cinq fois plus
élevé qu'un charretier et il était bien nourri
de pain blanc, de viande et de vin. Il était de plus mieux
considéré socialement. Quand au maître de forge,
il considérait cette activité comme la plus
rémunératrice. La forge pouvait produire de 150
à 200 tonnes de fer par an. Le système
d'échanges de charbons contre minerais date d'un traité
de 1347 fais par Gaston Fébus pour subvenir aux besoins de fer
dans sa guerre contre le Prince Noir d'Angleterre qui occupait
l'Armagnac.
L'épopée
des Montreurs d'Ours : Des Oussaillés aux " Américains
": Retour
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Dès le 18éme siècle, de nombreux
pyrénéens cherchèrent pour leur survie un
complément de travail en dehors de leur vallée :
fenaison en Espagne, en Aquitaine ou dans le Midi, colportage avec
pour chaque vallée sa spécificité (pierres
à feu pour Aleu, objet de bois et de buis pour Ercé).
La vallée d'Ustou se démarqua pour la revente des
lunettes, de la mercerie et des bijoux fantaisis. Vers 1830,
siècle de grande misère, certainement sur l'exemple de
tziganes qui exhibaient déjà les ours à cette
époque, des habitants d'Ustou eurent l'idée de gagner
quelques sous en faisant la mendicité avec un ours qu'ils
auraient apprivoisé tout jeune. Car des oursons, il y en avait
chaque année dans le cirque de Cagateille. Il n'y avait
qu'à se servir à l'insu de la mère ou encore
mieux après l'avoir tuée. En 1840, le
sous-préfet de Saint-Girons raconte de sa visite à
Ustou qu'il pouvait " contempler, sur un grand nombre de pas de
portes, de petits oursons jouant avec les enfants, familiers avec les
chiens ". En effet, l'ourson restait jusqu'à 6 mois dans le
foyer même où par le jeu, on l'habituait à son
futur spectacle. Après, on lui mettait un anneau dans les
naseaux pour le tenir en chaîne, on lui coupait les griffes et
on lui mettait une muselière. La douleur que lui
conférait le moindre mouvement de l'anneau le rendait
complètement servile aux oussaillés qui tenaient la
chaîne. La formation terminée, les deux compères
partaient mendier sur les routes, vivant et dormant ensemble à
l'écart de la société. Les liens entre
l'oussaillé et le mossu étaient parfois assez
passionnelles mêlant cruauté et complicité au
quotidien. Certains oussaillés auraient été,
dit-on, étouffé par leur ours. Ensuite, Ercé
s'est lancé dans l'aventure et a même fondé un
école de dressage vers 1850. Certains oussaillés sont
partis faire fortune en Amérique ouvrant la voie à
toute une génération du canton d'Oust. Ce fut un
succès pour quelques haut-couserannais que l'on surnomma suite
à leur glorieux retour au pays " les Américains " mais
pas pour les ours qui furent revendus à des zoos peu de temps
après être entrés aux Etat-unis.
L'activité des oussaillés déclina fin de
19éme siècle et après le coup d'éclat
lors de l'inventaire de 1906, disparurent complètement
après la première guerre mondiale.
Mines de
Carbauère et du Haut-Couserans: Retour
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La légende véhiculée par Malus (1600) accorde
aux Pyrénées couserannaises une richesse minière
que les aquitains puis les romains auraient su mettre à
profit. Mais ce n'est qu'à la fin du 18éme
siècle que les recherches modernes se mettent en place :
d'abord à Aulus avec la mines des Argentières en 1770.
Puis à Ustou, l'été 1774, le sieur Tomassin et
le chevalier d'Epernon entreprirent de payer des habitants de la
vallée (15 à 20 sols la journée) pour la
construction d'un bocard. Mais le Seigneur de Pointis, vexé de
n'avoir pas été considéré comme le
propriétaire des bois dont certains ont subit des coupes dans
l'affaire, fait stopper les travaux. En 1776, le marquis de
Villepinte obtient la concession de toutes les mines du Couserans,
fait entre autre des prospections à Carbauère. Il fit
surtout exploiter les mines d'Aulus avec 60 mineurs allemands (?).En
1786, une enquête du Baron de Dietrich souligne les richesses
minières des vallées d'Aulus, d'Ustou et de Seix. Mais
la révolution mit fin à cette première
exploitation. Après 1804, de nombreux candidats souhaitent
obtenir la concession des mines du Couserans. En 1835, le sieur
Lecourt exploite avec succès et malgré un avis
défavorable datant de 1822, le terrain entre l'étang de
Lhers les argentières et Castelminier pour l'extraction du
plomb. Découverte en 1845, La mine de Sentein donne de
très bon résultat dès 1852. A Ustou, Antoine
Dulom, un toulousain obtient le permis de recherche le 22 novembre
1856 pour la zone allant de l'Alet à l'Ossèse et Berdal
et Gariè-Lafont obtiennent le droit de fouille sur les
terrains communaux soumis au code forestier qui n'ont pas
été accordés à Dulom. Celui ci aura la
concession des terrains de Carbauère le 5 décembre 1862
mais il meurt en 1865. Les héritiers ne feront pas vraiment
avancer les choses. Le nouveau concessionnaire, J.-B. Brousse, de
Toulouse affirme qu'il se préoccupe d'établir une route
de Saint-Lizier au Bocard. Mais le rapport de 1877 de
l'ingénieur est négatif : " Aucun travail
sérieux n'a été exécuté ni par
l'un ni par l'autre des propriétaires successifs ". En 1894,
les travaux n'ayant pas été repris ni la redevance
payée, la concession de Brousse est arrêtée. Les
divers acquéreurs suivant payent la redevance sans pour autant
faire des travaux. La concession est donnée en 1903 à
la société The Mining and Smelting Compagny of Nescus
Limited, présidée par le marquis de Narbonne-Lara.
Petite période où la mine donna des résultats
corrects. Mais en juillet 1904, la compagnie fait faillite, les
travaux sont suspendus et ...jamais repris. Un rapport du 28 novembre
1926 site les différents filons découverts à
Carbauère au 19éme siècle : soit importants mais
de faible teneur, soit peu abondant mais riche (44% zinc, 5,8 %
plomb, 60 g d'argent à la tonne). La Penarroya puis la BRGM
(73-76) opèrent des prospections systématiques et
creusent la montagne de part et d'autre avec des puits dans les
parties minéralisées. Le tonnage estimé est de
3.500.000 tonnes pour une teneur moyenne de 6,25% de zinc, 0,85% de
plomb. L'exploitation n'aboutit jamais et la BRGM referma les
galéries dans les années 80.
Station de
ski alpin Guzet-Neige: Retour
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Les premières constructions eurent lieu de la route du col de
Latrape en 1962 (téléski de la Trape, des Souleillous,
du vallon Blanc) mais le ski-club de Saint-Girons fréquentait
dés 1955 ce champ de neige. En 1969 suite à l'obtention
de la concession d'Aulus et d'Ustou, la société Pippi
aménage la route jusqu'à Guzet et Prat-Mataou et
aménage le vallon de Guzet (6 téléskis) et les
premiers chalets ainsi que l'hôtel Le Vallon Blanc. En 1973, 2
nouveaux téléskis, les Sources et les Crusous sont
installés. En 1977, un télésiège permet
d'étendre le domaine au Freychet et de monter ainsi
jusqu'à 1900 m. En 85, C'est la folie des grandeurs, "
Guzet-Neige station européenne ? " titre la
Dépêche du Midi. On voulait faire une station de 20 000
hectares sur les 2 versants franco-espagnols avec un " enneigement
assuré jusqu"à la mi-juillet dans certaines combes ".
Les travaux vers Gérac avait commencé (dynamitage
saccageur à l'entrée de la magnifique vallée de
Turguilla) quand les " écolos " ont bloqué le projet en
faisant classer le cirque de Cagateille. Aujourd'hui, la
volonté de faire évoluer l'existant paraît
être une solution bien à tous les égards. Depuis
1998, les remontées mécaniques dirigées par
Arthur de Tourton et gérées par la communauté
des communes et le département mettent en place les projets
suivants sur 4 ans : La modification des remontées (mises
à neuve et repositionnées), la mise en place de
nombreux canons à neige couvrant 9 pistes
(bénéfique les jours de froid sec et qui permet de
mieux construire la couche de neige pour toute la saison), la mise en
place d'un restaurant d'altitude au col d'Escot et la proposition
d'activités plus variées comme les raquettes à
neige, les chiens de traîneau et le ski de fond. La station
dispose en 2002 de 3 télésièges sur Guzet et 15
téléskis : 4 sur le Freychet , 2 sur Guzet, 7 sur le
Prat Mataou et 2 sur le col de Latrappe. Guzet représente la
partie principale, le Freychet correspond plus aux snow-boarders et
aux skieurs confirmés, le Prat Mataou est le coin familial et
débutant par excellence et le col de Latrappe ... est souvent
fermé (trop bas). La station est réputée pour
ses chalets et son architecture en bois qui l'intègre assez
bien dans le paysage. De plus, le site était naturellement
planté de sapins qui lui donnent un côté " nature
préservée " bien sympathique. Les sapins de la station
ont certainement échapper à l'exploitation
forestière par l'accord avec Le seigneur de Pointis et
l'administration des Eaux et Forêt qui en affectant des bois
à la forge d'Ustou décida de " réserver tous les
sapins ".
Le mythe
de Saint Lizier: Retour
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Sa vie raconté post-mortem est plus une doctrine de culte
qu'une biographie. Mais elle est intéressante sur Ustou car
elle utilise de nombreux lieux caractéristiques :
Saint-Lizier, arrivant d'Espagne, se souvient que dans la
vallée d'Ossèse, se tient un gros serpent qui
dévore tous ceux qui passent. Alors, Saint-Lizier, quand il
eut passé le Pont de Monterot, tire une flèche qui va
trouer l'il du dragon. On peut voir facilement de la
vallée, prés de la pointe longue, la pointe ronde
percée d'un trou d'un mètre de diamètre. Plus
bas dans la vallée après la Bincarède, le saint
ayant soif, il fît jaillir au bord du chemin une source bien
fraiche qui fût l'objet d'un pèlerinage qui perdura
jusqu'à nos jours pour sa vertu à faire pleuvoir. Or
les Espagnols venant aussi chercher l'eau sainte en période de
sécheresse, les conflits fûrent nombreux quand il
pleuvait du côté sud sans donner d'eau côté
nord (ce que le foehn provoque régulièrement). Il y eu
même un lynchage lorsque les catalans revinrent une
année chercher le miracle après que la vallée
d'Ustou eut à souffrir d'une terrible grêle qui
fût bien sûr attribuée au fait que leurs voisins
de versant se soient appropriés la protection de Saint-Lizier.
Saint Lizier, Licerius ou Glycerius, né en Espagne serait venu
après de bonnes études se placer sous la conduite de
l'évêque Fauste en Gaule. Il serait devenu
évêque de Couserans entre 485 et 506, cela reste vague.
Le pays récemment aux mains des Francs était soumis
à de fréquentes attaques des Visigoths d'Espagne.
Lizier aura sauvé sa cité - aujourd'hui Saint-Lizier -
d'être pillée grâce à ses prières.
Il serait mort un 27 août vers 540 après 40
années d'épiscopat remplis de guerres et de
miracles.
L'attaque
des miquelets: Retour
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Une des histoires que l'on entend souvent est celle de l'attaque des
miquelets :
" - Un jour d'été, celui de garde au port de Marterat
s'était endormi. Les miquelets l'ont égorgé dans
son sommeil et ils ont attaqué par surprise et pillé
toute la vallée alors que tout le monde s'était
réfugié dans l'église de Saint-Lizier.
- Et les miquelets, c'étaient qui ?
- Des bandits ! venus d'Espagne. "
Il semble bien que dans cette affaire, les espagnols soient les loups
et ceux d'ici les innocentes brebis, ce qui semble un peu facile.
Christian Bourret dans son ouvrage Les Pyrénées
Centrales du IXe au XIXe siècle nous renseigne : "
Informès que certains cols n'étaient pas gardés,
600 " miquelets " venus du Pallars pénétrèrent
le 12 juillet [1712] en vallée d'Ustou avec la
complicité d'une vingtaine de faux monnayeurs de la
région de Seix. Ils pillèrent cinq villages et
emmenèrent tout le bétail, malgré la
présence d'un détachement du régiment de
Noailles-duc qui fut mis en fuite. (...) Ce furent les faux
monnayeurs qui payèrent. Leur chef fut exécuté
à Saint Girons le 2 août. " Nous sommes en pleine guerre
de succession d'Espagne (1705-1714), l'héritier Philippe V,
petit-fils de Louis XIV, est désigné pour le
trône de Madrid, mais l'archiduc Charles de Habsbourg
d'Autriche soutenu par l'Angleterre et une coalition
européenne, tente de s'imposer avec l'aide des Catalans qui
voient là une occasion d'obtenir son indépendance du
reste de l'Espagne. L'archiduc doit se battre sur deux fronts entre
Louis XIX et Philippe V. Le ravitaillement de ses partisans, ce que
l'on nomme les miquelets, est difficile. Les hautes vallées
françaises vivent énormément du commerce avec
les troupes de l'archiduc quelles font payer au prix fort, dans le
cadre des " lies et passeries ". Elles n'entendent pas perdre ce
privilège comme l'exigent les militaires et font de la
résistance à la mise en place de milices bourgeoises
qui auraient bien sûr rendu bien difficile la contrebande de
bestiaux avec les troupes de l'archiduc voir le faux monnayage.
D'autre part, les razzias comme forme de ravitaillement
étaient assez courantes dans ces temps troublés de part
et d'autres de la frontière mais aussi entre vallée
voisine, ce que les " lies et passeries " tentaient aussi de
résoudre. C'est un Irlandais, M. de Taff, partisan de
l'archiduc, installé dans le Pallars à Esterri avec ses
miquelets qui serait d'après M. Bourret, le commandant de
cette attaque similaire à celle qu'il effectua en
vallée de Luchon un an auparavant. Dans le Guide du
Haut-Salat, il est précisé que le Seigneur de Pointis
fût pris en otage par le commandant Don Antonio Navarre de
Tirbia et qu'il fût demandé une rançon de 6.000
francs aux consuls de la communauté d'Ustou. L'attaque des
miquelets sur Ustou renforça la mise en place du pouvoir
monarchique dans nos vallées et en conséquence un
affaiblissement des relations privilégiées entre les
vallée françaises et espagnoles.
Le
Bandolerisme: Retour
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Déjà existant sous les guerres féodales, il
retrouve une place importante dans les conflits récurrents du
16e siècle et s'étendra jusqu'au 18e. Il s'agit en
quelques sorte de mercenaires recrutés par des seigneurs et
des villes et regroupés en bandols. Il s'agit souvent de
nobles paupérisés par la parcellisation des fiefs.
S'ils sont souvent réprimés, ils sont aussi très
souvent utilisés par les différents pouvoirs, aussi
bien royaux qu'écclésiastique.
Lies et
Passeries: Retour
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(Christian Bourret, Les Pyrénées Centrales du IXe au
XIXe siècle ; p 106/107)
" Ces accords s'attachaient avant tout à assurer la
liberté des mouvements et des échanges, notamment par
la suppression dans la zone, du droit de " marque " (ou de
représailles élargies aux habitants d'une même
région), et du droit de pignore (saisie du bétail
perdu), à définir les modalités d'utilisation
des hauts pâturages, le bétail constituant la richesse
essentielle des habitants des hautes vallées et donc, nous
l'avons vu, l'objet privilégié des razzias dans la zone
frontière. (...) Ces accords précisaient les
modalités d'arbitrage et de règlement des conflits.
Les clauses de " surséance de guerre " et la
nécessité de s'avertir en cas d'approche de soldats ou
de bandits étaient fondamentales. Elles traduisaient une
volonté de maintenir des relations et des solidarités
malgré la frontière, dont elles visaient à
minimiser au maximum les conséquences.
Ces traités, essentiels pour la vie des hautes vallées,
étaient conclus et renouvelés selon des rites
très cérémoniaux. Ils devaient être
confirmés par les représentants des rois de France et
d'Espagne, qui temporisèrent ou s'opposèrent de plus en
plus, en même temps que s'affirmait leurs autorités dans
la zone frontière. "
La Garde
et Mirabat: Retour
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Le château de Mirabat, situè sur une éperon
rocheux à 1272 mètre offre une vue autant sur la
vallée du Haut Salat que sur celle d'Ustou et était
visible par de nombreux points du canton, notamment de Seix et Oust.
L'endroit servait certainement de très longue date
d'emplacement de feux de signaux pour prévenir d'invasion.
Dés l'époque celtibère, il y aurait eu une tour
légère servant de place à feu pour les signaux.
Au 12e ou 13e il serait construit en château du roi pour
abriter une petite garnison pour surveiller les port d'Aula, de Salau
et de marterat. La légende l'attribuant à Charlemagne
ne paraît pas fondée. Il est clairement
déclaré en ruine par De Froidour en 1667, mais avec
toujours un feu prêt à être allumer. Il n'en reste
aujourd'hui que quelques pans de murs.
La Garde serait à l'origine un donjon du 11e ou 12e construit
par le seigneur d'Ustou pour marquer sa force. Il serait ensuite
réaménagé pour recevoir la garnison, seul des
guetteurs resteraient en place à Mirabat. mais la
royauté estime vite que ces soldats lui reviennent trop cher
(3000 livres annuelle nous dit-on) et préfère laisser
la possibilité aux seixois de s'armer pour former des milices.
Les deux châteaux serait dès lors abandonnés et
annoncés dès 1540 sans toiture et en piteux
état. Une légende prétend qu'un tunnel relie les
2 châteaux. Ils sont en effet situés sur un massif
calcaire qui regorge de gouffre et une petite ouverture se situe non
loin de Mirabat. Pourquoi ne pas envisager une grotte servant de
cache au cas où, mais vraisemblablement pas un vrai
tunnel.
CHATEAU DE LA GARDE
Photo et Croquis imaginé (vue sud-est)
PLAN: A. Donjon - B. Tour - C. Tour - D. Entrée E. Citerne -
F. Entrée du donjon
S'ils n'ont pas un passé historique remarquable : ils n'ont
participé ni au catharisme ni à aucune guerre, il n'en
reste pas moins un patrimoine et un site panoramique
superbe.
La
famille de Pointis et la population d'Ustou: Retour
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En 1715, le seigneur de Pointis décide la construction d'une
forge à la catalane, la coupe de bois nécessaire
à son fonctionnement et à l'échange des minerais
avait été traité avec les consuls de la
communauté d'Ustou pour 80 francs annuels. Mais la discorde
avec la communauté va grandissante et cette dernière se
plaint dans une lette à l'intendant d'Auch (équivalent
de l'époque au préfet) que le seigneur s'impose
à la communauté en venant aux assemblées, et en
décidant de l'emploi des fonds ... communaux. Le seigneur y
répond en refusant de donner l'investiture aux consuls. En
1757, les litiges continuent à propos de la coupe de sapin que
les consuls voudraient vendre et que le seigneur refuse arguant qu'il
est le seul propriétaire des bois. La
sénéchaussée de Pamiers en 59 puis le parlement
de Toulouse (composé de nobles, bien sûr) en 78 sont
favorables au seigneur. Mais la communauté ne s'avoue pas
battue pour autant et envoie 2 délégués sur
Versailles pour plaider sa cause et obtient en 1781 l'annulation des
2 sentences précédentes en se fondant sur une charte de
1276, une sentence de 1544, une transaction de 1548 et un jugement de
la commission de réformation de 1670 - les archives devaient
être assez efficaces à l'époque aussi ! : " Sa
Majesté maintient les habitants d'Ustou dans le droit et la
faculté d'envoyer paître leurs bestiaux dans les bois et
montagnes énoncés dans ladite sentence du 26 mai 1544,
(...) sauf les droits réservés au seigneur dudit lieu
par ladite transaction du 12 septembre 1548 ; d'exploiter pour leur
chauffage les coupes ordinaires desdits bois dans la distribution
desquelles ledit de Pointis aura sa part comme premier et principal
habitant (...) ".
Le seigneur dut payer les rentes de 80 francs annuels échu et
à échoir depuis 1716, rembourser la somme payée
par la communauté suite à l'arrêt du parlement,
payer les bois coupés hors de la coupe consentie en 1716, et
payer les dépenses du procès. Mais le seigneur continue
d'avoir des droits importants : il touche la moitié du prix du
bois vendu, du bois de chauffage et du bois de construction.
Le conflit perdure et au début de la révolution la
forge est détruite par les habitants.
En 1802, les héritier de Pointis demandent à
l'administration l'autorisation de reconstruire la forge, soutenus
par les propriétaires de la mine du Ranciè à
Vicdessos qui souhaitent établir à nouveau un
échange. La réponse est favorable car la grande
forêt de la vallée est jugée mal utilisée
à cause de la difficulté d'accès pour les Eaux
et Forêts et la forge favorisera la mise en place de
charbonniers qui favoriseront la baisse du cours du charbon de
bois.
Cependant, l'opposition des habitants d'Ustou qui rapporte que les
Pointis " ne possèdent pas de bois suffisant pour alimenter la
forge et qu'ils ne sont pas comme ils le prétendent
propriétaires des forêts d'Ustou " et la mauvaise
volonté de l'administration impériale à donner
ses autorisations ne permettent à la forge de reprendre que le
15 juillet 1818. Jean-Jacques Saint-Jean de Pointis est maire depuis
1809 et se considère toujours comme l'unique
propriétaire des bois. C'est lui qui finance les gardes
forestiers et le code forestier de 1827 leur donna tout pouvoir
d'amendes. Paradoxalement, les habitants d'Ustou n'ont plus de
recours comme sous l'ancien régime pour se défendre et
ne trouve qu'une issue dans la violence : les habitants attaquent par
2 fois le château des Pointis dans le contexte de la monarchie
de Juillet. 60 ans après la révolution, Le
château est détruit et la famille de Pointis prend la
fuite en Espagne. La forge est mentionnée dans la faillite en
1844.
En 1835, la famille de Pointis accepta l'idée de partage des
bois et montagne en 2 moitiés dont l'une serait pour eux et
l'autre pour la commune , mais le maire de l'époque, Sirgand
de Peyrefitte refusa. Les générations suivantes, moins
impliquées acceptèrent de racheter ses droits à
la famille pour une somme de 100 000 francs. Cependant suite à
l'amende écopée par la commune pour la destruction du
château en 1830 et qu'elle ne pouvait payer, aucun
prêteur ne s'engagea. La commune due donc payer par
annuité de 10.500 francs entre 1859 et 1867. La famille de
Pointis vendit entre temps tous ses biens (terre et métairies)
et s'en fût. Un dernier champs oublié dans la montagne
se vendit en 1893 " cent francs et un bon fromage d'Ustou !
"
Guerre
des " Demoiselles ": Retour
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La guerre des Demoiselles fait suite à la promulgation du Code
Forestier voté en 1827. L'état, propriétaire de
nombreuses forêts pyrénéennes qui sont
considérées par les locaux comme la leur et les
surexploitent, notamment pour les forges à la catalane,
décide de récupérer ses biens. Pour les
ariégeois, l'usage de ces forêts se base sur des
coutumes de droits ancestraux et est nécessaire à leur
vie (pacage pour le pâturage des bêtes, affouage pour le
chauffage et marronnage pour la construction). De plus, n'oublions
pas que la période est à la surpopulation et à
la pauvreté, et que les Pyrénéens ont toujours
eu, surtout en Haut-Couserans, un esprit de dissidence très
marqué pour tous les pouvoirs venant de l'extérieur. La
distribution excessive d'amendes et l'injustice faite entre paysans
et maîtres de forges qui, eux, continuent à surexploiter
les forêts, amènent le Haut-Couserans à sa
dernière jacquerie. S'habillant de longue chemise blanche
(d'où le nom de ce conflit local), le visage barbouillé
de charbon, il se livre à une véritable guérilla
contre les gardes forestiers, les gendarmes et même les troupes
appelées en renfort. Les premiers événements
éclatent en 1829, lors de la mise en application de la loi,
dans le castillonnais, et se répandent très vite dans
tout le secteur jusqu'à la Haute Ariège, avec une
solidarité sans faille de toute la communauté. Dans ce
cadre, les trois glorieuses en 1830 exaltent l'esprit de
révolte et de nombreux châteaux féodaux seront
pillés voir détruits comme celui de la famille De
Pointis au Trein d'Ustou, dont seul la chapelle du XIIe a
survécu. La guerre des Demoiselles aura des sursauts
jusqu'à 1872.
Les Cagots
de Stillom: Retour
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Les cagots sont une population issue de la misère. Souffrant
de mongolisme, de goître, ou de divers
dégénérescences, ils étaient exclus de la
société et vivaient de mendicité.
Rassemblés ils fondaient des communautés qui vivaient
cachés. Stillom abritait une de ces populations. Comme ils
étaient maudits, ils inspirèrent de nombreuses
légendes diaboliques. Leur communauté remonterait du
moyen âge jusqu'au début du 19ème siècle.
Leur origine viendrait des wisigoths (cat de goth qui signifie chien
?), des sarrasins, ou des lépreux blancs. Ils n'avaient le
droit de travailler que le bois (charpentier, menuisier,
bûcherons...).
On considère que les
Pyrénées ont eu deux naissances: l'une lors du cycle
hercynien, à la fin du Primaire (300 MA), la seconde, celle
dont est issue " nos " Pyrénées, il y a environ 40
millions d'années, pendant l'Eocène (Tertiaire).
Cependant, ces cycles orogéniques ne représentent que
les périodes où la surrection est à son
paroxysme alors que la formation des montagnes commence à
l'origine de la planéte et continue encore de nos jours (le 13
août 1967 à Arette en Béarn a eu lieu le dernier
séisme important en date dans les Pyrénées).
Entre 500 MA et 300 MA (ordovicien, silurien, dévonien et
carbonifère du primaire), la région des
Pyrénées est sous une mer tropicale (peu profonde)
où se développe des récifs coralliens
(sédimentation marine). Puis, un effondrement laisse place
à une profonde fosse à flyschs (plusieurs milliers de
mètres), phénomène précédant
généralement la formation d'une chaîne. En
l'occurrence, le plissement hercynien survint juste après,
à la fin des temps primaires. Il est à l'origine des
¾ de la France (massif Central, massif Armoricain, Vosges) et
d'une bonne partie de l'Europe. Les granites apparurent lors de ce
bouleversement par la compression nord-sud qui poussa la roche verte
du manteau vers la surface en fusionnant avec les sédiments
à son contact et plissa les couches sédimentaires
antérieures. C'est en faite de gigantesques bulles de cette
roche verte qui remontèrent d'où un
métamorphisme régional. Commence alors une
érosion impitoyable qui rabotera la chaîne durant 60 MA.
La boue rouge lie-de-vin de ce climat tropical et les débris
s'accumuleront jusqu'à qu'il ne reste qu'un grand plateau dit
pénéplaine.
Ensuite, les grands mouvements tectoniques des plaques divisent les
continents (Gondwana devient continent Indo-malais et Pangée.
Cette dernière devient à son tour Amérique et
Afrique avec l'océan Atlantique à jamais entre eux). A
cette époque, la marge espagnole des actuelles
Pyrénées se trouvait au niveau de Bordeaux (la pointe
de Galicie prolongeait alors celle de Bretagne où se
formèrent ensemble, lors des mouvements herciniens, les
Asturies et le massif Armoricain) tandis que la marge
française avait déjà sa place.
Vers 110 MA, la plaque ibérique bouge vers le sud
créant un fossé dans le prolongement du golf de
gasconne où la mer s'engouffre jusqu'aux
Pyrénées centrales sur une largeur de 120 km (nouvelle
fosse à flyschs).
Vers 80 MA, le mouvement de l'Espagne s'inverse vers le nord-ouest
réduisant la fosse à flyschs, jusqu'à provoquer,
il y a 40 MA, la surrection des Pyrénées à son
paroxysme: La fermeture achevée du sillon provoqua une
collision en ciseau selon la faille nord-pyrénéen. Les
terrains hercyniens sont soulevés et les dépôts
sédimentaires de la zone nord-pyrénéene sont
plissés et déversés en éventails vers le
nord. Rome ne s'est pas faite en un jour et les
Pyrénées non plus, elles résultent en faite de
plusieurs étapes d'exhaussement dont la dernière
importante eu lieu vers 3 MA. Mais déjà,
l'érosion est commencé sous le climat chaud et humide
de l'oligo-miocène (tertiaire) qui formera divers niveaux de
molasses (poudingues).
Mais la beauté des Pyrénées, se sont les
glaciers du quaternaire qui la lui donnent en creusant des
vallées en auge et des cirques, en laissant des verrous qui
donneront naissance à une multitude de lacs, en stagnant sur
les plateaux. Ce sont eux qui ont façonné la
personnalité sauvage mais grandiose de ces montagnes, laissant
derrière eux des crêtes déchiquetées et
vertigineuses, d'imposants blocs en équilibre, et de nouveaux
reliefs en drainant les moraines.
Le quaternaire verra aussi naître l'homme moderne, qui au fil
des 5 derniers millénaires apportera la touche subtile et
douce dans ce paysage de rudesse.
Le massif de Certescans
constitue la partie occidentale du massif granitique de
Bassiés apparu lors du premier cycle orogénique:
plutons hercyniens amenés du manteau magmatique à la
surface à l'ère primaire. Une zone de
métamorphisme de contact entoure la zone de granite de schiste
à muscovite, biotite, andalousite (ces dernières
indiquent une pression de 4 kbars et une température de
540°C).
Le pic de Marterat fait déjà partie du complexe
schisto-gréseux (série du Pallaresa) du cambrien
inférieur et est donc le résultat des premières
sédimentations, il y a plus de 500 millions d'années !
C'est dans cette roche tendre ,que nous retrouverons jusqu'aux pic de
Cerda, que les glaciers creuseront le cirque de Cagateille.
Les bandes suivantes, entrecoupées par la faille de Salau et
la faille de Couflens jusqu'à la faille
Nord-Pyrénéenne sont constituées de schistes et
de calcaire datant de la sédimentation hercynienne, donc
marine, du dévonien.
Sur la faille de Couflens, une résurgence d'ophite (roche
verte du manteau du Trias, début secondaire assez peu courante
dans la région) dont les 2 rochers face à face de part
et d'autre de Bidous en sont les fiers représentants. L'ophite
est apparu dans des volcans souterrains à l'occasion de
fractures de la croûte dû aux mouvements tectoniques de
la fin du trias. Une autre version voudrait qu'elle reprèsente
la fine croûte terrestre lors de la période maritime du
crétacé supérieur.
La faille nord-pyrénéenne qui traverse la vallée
du Pont de la Taule jusqu'au col de la Trape correspond au
décrochement entre les plaques ibérique et
européenne durant le crétacé supérieur
qui permit à la mer de s'engouffrer dans l'alignement du golfe
de Gascogne. Quant le phénomène s'est inversé
pour ce refermer en ciseau, la plaque ibérique a plongé
sous la plaque européenne au niveau de la faille
nord-pyrénéenne ce qui provoqua le soulèvement
des terrains hercyniens et des granites au sud de la faille et la
compression au nord des sédiments calcaires marins du
crétacé en les métamorphisant en marbre et en
dolomie pour le magnésium déposé dans les
lagunes de bordure.
Durant les glaciations du quaternaire, le puissant glacier de l'Alet
pouvait atteindre 400 m d'épaisseur et 1500 m de largeur. Les
étangs d'Alet, de la Hilette et de Turguilla sont dû aux
langues en amont du glacier qui convergeaient en combinant leurs
force érosives dans le peu résistant grès
schisteux d'où la formation particulièrement belle du
Cirque de Cagateille. Une autre langue d'Ossése s'ajoute
encore au niveau de Stillom, et commence alors la formation en auge
bien marquée jusqu'à Saint-Lizier d'Ustou. Ensuite, une
petite langue de la vallée de Bielle croise le chemin de notre
glacier mais surtout le glacier du Garbet débordant par le
plateau d'Agéou vient contrarier le glacier de l'Alet
déjà en bute au marbre dur de la zone
nord-pyrénéenne. Il résultera de se carrembolage
le Tuc de Gaspard: mamelon moitié schiste-calcaire
moitié moraines granitiques au beau milieu de la
vallée. Après avoir pris la direction de la faille
nord-pyrénéenne, le glacier s'achève un peu
avant la Bincarède.